when gestures are merely declarations of love

Kim Hyun Min

Aux yeux de beaucoup de personnes de cette école, la créature qui hantait constamment les pensées du jeune homme était à l’image de cet être humain semblable à un androïde qui est incapable de la moindre émotion. Min Sun Hee, la demoiselle en question était telle une reine des neiges, froide, hautaine, incroyablement désagréable envers quiconque. La plupart des élèves avait tendance à l’éviter comme s’il désirait plus que tout fuir ses foudres et ses regards de glace. Pourtant cette demoiselle, aussi désagréable qu’elle fut, était aux yeux du jeune homme la créature la plus belle qu’il soit. Cela faisait tellement d’années désormais qu’il la courtisait comme l’un de ses princes d’un autre temps. Il avait seulement fallut qu’il croise son regard une simple seconde pour que le cœur qui battait au fond de sa poitrine ne s’emballe à cette rencontre fortuite. Malgré l’apparente dureté dans son regard, le jeune homme avait pu apercevoir que ce visage inexpressif, quasi-figé de la jeune femme n’était qu’une facette comme un autre. Une barrière qui était seulement érigée pour tenir éloigné quiconque souhaitant s’approcher de tout près d’elle sans son consentement. Derrière ce regard et cette apparence si austère, il était persuadé que celle-ci cachait une femme des plus sublimes, des plus adorables qu’il soit. Enfin, il n’avait jamais été vraiment cohérent avec ce qu’il ressentait vis-à-vis de cette beauté au regard si envoûtant. Il pouvait passer toute une journée à l’observer loin de lui, à analyser chacun de ses faits et gestes pour tenter de la cerner, déterminer qui était réellement la jeune fille qui s’était accaparée l’emprise totale de son cœur. Il ne fallait pas penser qu’il était un dangereux psychopathe qui suivait l’objet de ses désirs, c’est seulement qu’il ne pouvait pas en faire autrement. La providence avait voulu que cette demoiselle qui hantait le moindre de ses rêves, de ses pensées les plus secrètes, était l’une de ces camarades de promotion, bien que n’étudiant pas la même matière. Il avait alors tout le loisir de la dévorer du regard, de la regarder comme une fleur qui s’éveille à la lumière du jour. Sans même s’en rendre réellement compte, la jeune femme était devenue à ses yeux, les rayons d’un soleil qui l’éblouissaient totalement à la fois si proche mais si loin de lui. Plus que tout au monde, il aspirait en vain à être cet homme qui se tiendrait un jour à ses côtés, ayant assez de mérite pour être un homme digne d’elle, de sa beauté et de cette légère fragilité qui transcendait parfois à travers son regard qu’elle voulait être si dur et méprisant.

Cependant bien qu’il savait son rêve inaccessible pour savoir que sa belle était promise à un autre, il ne trouvait pas la force en lui d’abandonner ce doux rêve auquel il aspirait depuis tant d’années. Ce n’était pas le genre de personne à abandonner si facilement lorsqu’il désirait ardemment quelque chose et était quelqu’un de très persévérant. Il gardait toujours un optimiste à tout épreuve, ne désirant nullement baisser les bras et faisant toujours en sorte de mettre les chances de son côté. Quoiqu’il arrive, il voulait croire que tout était possible à partir du moment qu’on le désirait vraiment et qu’on mettait toutes les chances de son côté pour y parvenir. Et c’était ce qu’il faisait avec la jeune Sun Hee, il tentait de se rapprochait d’elle doucement, ne cachant nullement son attirance pour elle si ce n’est en gardant cette légère distance dûe à ses origines anglaises et coréennes. Plus que tout, il la voulait, il désirait qu’elle comprenne la puissance des sentiments qu’il avait à son égard mais plus que tout, il ne voulait pas s’imposer à elle par la force. Alors en parfait gentleman, il avançait doucement vers elle, faisant parfois un pas en avant un jour, puis trois en arrière le lendemain. Il n’osait pas encore s’affirmer en tant qu’homme aux yeux de la jeune femme, se contentant seulement d’être un prétendant comme un autre qui respectait son point de vue, ce qu’elle désirait de lui. Désormais, depuis qu’il avait découvert que la jeune fille n’était pas insensible aux charmes de son fiancé, une petite alarme s’était mise à résonner au fond de son cœur et il savait devait agir au plus vite s’il ne voulait pas abandonner cette petite lueur d’espoir qu’il pouvait envisager. Fin observateur, il avait très rapidement perçu la nature exacte des sentiments que la jeune femme témoigner à l’égard de son promis. Elle le fixait avec cette lueur de tristesse, identique à celle qu’on pouvait lire lorsqu’il la regardait elle et personne d’autre. Cette lueur de tristesse mélangée à celle d’espoir était celle qu’on définissait sous le nom d’ « amour non partagé ». Un amour de la pire espèce qui se nourrissait que d’espoirs non avoués, de suppositions et d’envies plus cruelles les unes que les autres car on savait que les chances que celui-ci devienne un amour « partagé » étaient quasi-nulles, inexistantes. Pourtant…L’amoureux transi qu’il était, qui avait le même symptôme que la jeune femme en question, ne parvenait pas à se raisonner malgré les nombreux conseils de ses amis. Ils voyaient à quel point celui-ci se mourrait d’amour pour elle, n’ayant d’yeux que pour elle alors que celle-ci semblait presque ignorer sa présence et ce malgré les nombreuses tentatives où il l’avait approché pour lui déclarer ses sentiments. Combien de fois avait-il tenté sa chance ? Combien de lettres ô élogieuses avaient-il écrites à son attention pour lui prouver qu’il n’était pas un dragueur parmi tant d’autres ? Il ne les comptait plus alors que la réponse qu’il recevait en retour était toujours la même. Elle ne croyait en aucune façon que les sentiments qu’il ressentait à son égard étaient aussi purs et honnêtes qu’il le prétendait. Pourtant il ne renonçait jamais.

Toutefois encore une fois, il voulait tenter une approche, lui avouer une nouvelle fois ses sentiments au risque de se prendre un énième râteau mais qu’importe il était arrivé à un point où il ne pouvait plus faire machine arrière. Cependant, cette fois ci il ne souhaitait pas seulement que lui avouer une nouvelle fois ses sentiments, il était plus que déterminé à lui demander de lui donner sa chance. Il voulait qu’elle lui donne enfin la possibilité de l’approcher, de la connaître, de lui donner au moins cette chance à défaut de lui promettre qu’elle tenterait de l’aimer. La connaître, découvrir encore plus de choses à son sujet, c’était la seule chose qu’il désirait mais il savait qu’une fois devant elle toutes ses belles résolutions allaient partir en fumée. Comme un idiot, il savait d’avance qu’il allait balbutier parfois, incapable de trouver ses mots alors que le regard si merveilleux de Sun Hee allait le fixer comme chaque fois qu’il venait à sa rencontre. C’est ainsi qu’il la vit à quelque pas de lui, marchant à travers la foule du couloir dans lequel il se trouvait depuis quelques dizaines de minutes à rêvasser encore et toujours à elle. C’était maintenant ou jamais qu’il devait se lancer, venir à sa hauteur et lui demander s’il pouvait lui parler un léger instant. Ce n’était plus un débutant et pourtant il n’arrivait point à bouger, assit sur le rebord de la fenêtre alors qu’il la voyait arriver à sa hauteur. Son cœur battait à une vitesse hallucinante, menaçant à tout instant de rompre alors qu’il s’humidifiait les lèvres, les sentant pâteuse. Sun Hee ne pouvait pas imaginer à quel point, il lui était parfois pénible de lui adresser la parole, avec quelle difficulté il parvenait à dire quelques mots alors qu’il se sentait tout simplement fébrile face à elle. Une image qui était loin de l’enchanter ayant comme tout homme une certaine fierté qu’il devait mettre de côté dès l’instant où il venait à elle mais il parvenait toujours à dépasser celle-ci, pour venir à elle.

Prenant alors comme toujours son courage à deux mains, il se contenta seulement de l’interpeller alors qu’elle se trouvait qu’à quelques pas de sa personne, lui souriant avec gentillesse et tendresse, incapable de masquer le plaisir qu’il avait de croiser sa route. Il était vraiment heureux de pouvoir la trouver à cet instant, seule pour avoir la possibilité de lui faire sa demande. Bien entendu, il n’était pas sans ignorer que le fiancé de la jeune femme, qui était le sujet de toutes ses pensées, venait tout juste d’être transférer à l’hôpital après une terrible chute pendant que celui-ci s’entraînait à l’escalade. Comment était-il au courant ? Tout simplement en écoutant les ragots qui circulaient et en étant au bon endroit au bon moment. Il était donc évidant que la demoiselle en question était également au courant ou du moins le pensait-il et cela expliquait les raisons pour lesquelles elle semblait tant frustrée de n’avoir point de réponse de son interlocuteur. Lorsqu’elle lui lança son regard nonchalant et froid, il baissa légèrement le regard alors qu’il recevait comme toujours ces mots pleins de sarcasmes qui avec le temps le faisaient plus sourire qu’autre chose. Il n’avait pas honte de ce qu’il ressentait et n’hésitait nullement à le dire lorsqu’on lui demandait ouvertement ce qu’il ressentait pour elle. Il lui dirait autant de fois qu’il l’était nécessaire, quitte à se retrouver jour après jour encore plus meurtri après un refus, cependant il ne souhaitait nullement abandonner, il savait au fond de lui-même qu’il était le seul homme à l’aimer telle qu’elle était… Oui, il la méritait bien plus que ce petit prince qui lui servait de fiancé mais qui n’avait d’yeux que pour son meilleur ami, qui était son cadet et ami. Il la voulait et qu’importe le nombre de mois, d’années que cela allait lui prendre, il l’aurait, il voulait y croire. Il ne fallait pas croire qu’il ne portait pas le jeune homme en question dans son cœur, après tout il le connaissait très peu et semblait être un homme digne dans les discours de son meilleur ami qui lui vouait une amitié sans borne, seulement il était l’être qui occupait les pensées de l’être qui monopolisait toutes les siennes. Il est donc certifié qu’il désirait plus que tout l’évincer de l’esprit de sa dulcinée, prendre peu à peu sa place dans ses pensées, bien qu’il ne s’agissait que d’un rêve peut être utopique.

Lorsque celle-ci lui demanda ce qu’il désirait, il la regarda droit dans les yeux et en s’avançant près d’elle lança simplement dans un ton doux et calme.

« N’aie aucune crainte, je ne vais point te retenir très longtemps. Je me doute que tu étais sur le chemin pour retrouver ton promis. Tu ne dois pas ignorer qu’il a été transféré à au grand hôpital de Séoul, une chute due un équipement défectueux pendant qu’il s’entraînait avec son ami. »

Il ne savait pas s’il avait vu juste mais il remarqua aisément que celle-ci n’était vraiment enchanté de la situation, après tout aux yeux de tous les étudiants de cette école, son promis et son ami étaient bien trop proche pour n’être que de simples amis. Enfin tout le monde le pensait mais tout le monde évitait de le dire à haute voix car il était évident que le jeune prince qu’était l’héritier des Wada, avait fait ses preuves avec la gente féminine, en refusant toute proposition que des homosexuels bien courageux étaient venus lui proposer pendant ces soirées de débouches. Souriant doucement à cette contestation tout en soupirant il ajouta seulement.

« En vérité, je voulais te soumettre une requête. Je sais… que tu ne crois en aucune façon à mes sentiments et bien entendu, je sais ô combien je ne suis pas l’homme qui te convient à tes yeux… Seulement tu ne me connais pas, tu ne vois en moi que ce que je te montre en venant à ta rencontre… Cependant, j’aimerais énormément que tu me donnes ma chance… que tu me laisses au moins devenir ton ami, à défaut d’être plus. J’aimerais que tu me donnes la chance de devenir ton ami… »

Ce qu’il préférait omettre, c’était le fait qu’il voulait être là pour elle lorsque son promis prendrait pleinement conscience que ses sentiments pour son meilleur ami n’étaient pas aussi anodins qu’il le pensait, qu’il voulait être l’épaule sur laquelle elle pourrait venir se reposer lorsque l’inévitable à ses yeux allait se dérouler mais il fallait croire que la jeune femme n’était nullement disposée à lui laisser une quelconque chance car aussitôt qu’il avait murmuré ces mots, la réponse fut des plus éloquentes.

« Je n’ai pas besoin de te connaître plus qu’il ne l’est nécessaire. Après tout, je suis déjà fiancée et je n’aie nullement l’intention d’aller à l’encontre de ce mariage. Yano est ce qu’une femme peut attendre d’un homme et il me convient parfaitement… Si j’accédais à ta demande, on se ferait perdre inutilement du temps à tous les deux et je n’en ai nullement l’intention... Maintenant si tu veux bien m’excuser et que tu n’as rien d’autre à ajouter, je vais te laisser. »

Ses mots avaient été sans équivoque, prononcés dans un ton sec et cassant alors que son regard n’avait pas changé d’un éclat, le laissant tout simplement pantois, face à la froideur avec laquelle elle lui répondait. Cependant ses arguments tenaient la route et il savait qu’elle n’était nullement le genre de personne à aimer perdre son temps, mais le choc était et restait-le même. Ça faisait tout simplement trop mal, bien qu’il se fût préparé à cette réponse. C’est donc en silence alors qu’il sentait son cœur se comprimer un peu plus dans sa poitrine qu’il la laissa le dépasser et reprendre sa route, le laissant tout simplement déprimé et amer face à ses sentiments qu’il n’était nullement capable d’oublier.

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