when gestures are merely declarations of love

Yoon Ki Suk

La journée avait été des plus pénible pour lui, il fallait croire que tout s’acharnait contre lui ou du moins le pensait-il. Il y avait des journées comme celles-ci où il ne comprenait en aucune façon la logique du corps enseignant et surtout lorsque cela le concernait. En effet, il avait reçu, après le déjeuner qu’il avait passé en compagnie de son compagnon de chambre et meilleur ami, une missive, selon laquelle, il avait rendez vous immédiatement après les cours chez le professeur principal de sa formation. Il n’avait alors à ce moment là, aucune idée de ce que celui-ci lui voulait mais comme il pensait qu’il allait s’agir d’une broutille, il avait alors pensé que c’était qu’une affaire de minute et qu’en aucun cas, il pourrait arriver en retard à l’entraînement que son meilleur ami prenait le temps de lui faire pour le préparer à ce week end, où il pourrait alors savourer pleinement la vue de ses longues vues magnifiques que son ami lui dépeignait avec tant de joie et de plaisir. Il le trouvait alors tellement passionné à ses moments là, bien loin de l’image de si taciturne et peu avenant que celui-ci avait coutume de montrer aux autres, qu’il mentirait s’il n’avouait pas qu’il appréciait ô grandement de faire parti de ces chanceux qui avait la chance de connaître le vrai Yano, ce garçon qui se trouvait derrière cet héritier si froid et fermé mais qui gagnait tout autant à être connu. Pourtant, il était vraiment heureux d’être l’un des rares êtres auprès desquels celui-ci consentait à être lui-même et c’était un trésor qu’il préférait chérir en secret. Pourquoi ? Il n’en savait rien mais l’idée de partager celui-ci lui était tout aussi pénible qu’elle pouvait l’être pour son ami, enfin le souhaitait-il vraiment. Après tout, Yano avait toujours été quelqu’un d’à part pour lui. Alors qu’il venait juste d’arriver dans cette grande capitale ô bien différente de sa ville d’origine qu’était Busan, il s’était senti totalement perdu et Yano qui était dans le même cas que lui, bien qu’habitué aux grandes agglomérations l’avait pris en quelque sorte sous son aile lorsqu’il était tombé sur lui à l’aéroport alors qu’il se perdait dans les numéros des navettes qui ralliaient celui-ci à la grande ville. C’est en prenant son courage à deux mains qu’il était venu à lui, malgré ses grands airs austères, pour lui demander de l’aide, que celui-ci lui apporta bien gentiment alors qu’il découvrait qu’il se rendait également à son lycée. Amical, il fut évidant que durant le trajet, heureux d’avoir trouvé de l’aide par un de ces probables camarades, il avait conversé avec plaisir avec lui et c’était senti vraiment heureux de l’avoir comme colocataire également. A croire que le destin les avait fait se rencontrer et il devait bien admettre que cette idée lui convenait parfaitement car il était désormais plus qu’heureux d’être son ami, pour ne pas dire meilleur ami. Jamais il ne regretterait de l’être, ça il en était persuadé.

Ainsi, il savait plus que quiconque que celui-ci était très à cheval sur la ponctualité et qu’il était loin d’apprécier le retard d’autrui et surtout le sien. Tout comme lui, Yano était quelqu’un qui prenait énormément soin de ses proches et amis et il était donc évident qu’il avait tendance à s’inquiéter d’un quelconque retard ou silence de la personne qu’il appréciait, d’autant plus si celui-ci avait toujours pour coutume de le prévenir d’un quelconque retard. Désormais qu’il était resté près d’une demi-heure dans la salle d’étude de son professeur, il regrettait amèrement de n’avoir point informé son ami et la seule chose qu’il avait désormais en tête était d’arriver le plus vite au gymnase pour s’excuser de ne l’avoir point informé. Il savait qu’il aurait pu lui envoyer un message une fois sorti de son entretien avec son professeur mais à vrai dire, la nouvelle qu’il avait appris avait été telle que même à l’heure actuelle alors qu’il courrait à travers les ruelles du campus devant le regard étonné de certains étudiants, il n’arrivait pas à y croire. Ils l’avaient désigné comme le délégué de sa filière pour son année, lui, un simple étudiant parmi tant tous les autres. Ce n’était pas fausse modestie de sa part mais il avait énormément de peine à croire qu’il pouvait être mieux prédestiné que les autres à remplir cette tâche. Bien entendu, il était un excellent élève qui avait même le mérite de suivre un double cursus, comme l’un de ses sunbaes et néanmoins amis, Kim Hyun Min, cependant il était loin d’être l’un des élèves des plus imposants par sa présence. On pouvait même dire qu’il faisait toujours en sorte de rentrer dans le lot, bien qu’il arrivait qu’il soit la proie à des garçons imbus de leur personne, de leur statut bien plus supérieur au sien, surtout lorsqu’il n’était encore qu’un petit lycéen mais il ne pouvait nier le fait qu’à l’heure actuelle, il en était toujours autant atteint. Il était tellement difficile de passer au-delà de la méchanceté gratuite de certaines personnes et Ki Suk était résolument incapable de comprendre quel plaisir on pouvait prendre en détruisant la confiance des autres d’une manière aussi peu aimable… Il ne la comprendrait sans doute jamais, n’étant tout simplement pas capable de faire du mal à autrui de manière volontaire, du moins l’espérait-il. Dans tous les cas, il ne comprenait nullement la décision du corps enseignant en ce qui concernait sa désignation, sans cependant ne pas ressentir une certaine fierté. Après tout, cette désignation récompensait un certain travail exceptionnel de sa part, qu’ainsi on reconnaissait qu’il était un étudiant des plus exemplaires. Il était plus que persuadé qu’à cette nouvelle, ses parents allaient être fiers de lui et il allait en être pour son ami, son meilleur ami qui allait être le premier à apprendre ce qu’il venait de lui arriver. Pour faire le mariole ? Non, assurément pas mais pour lui donner tout simplement l’explication de son retard.

C’est donc a bout de souffle qu’il arriva au porte du gymnase alors qu’il ouvrait ses portes pour s’y engouffrait, comme il s’y attendait, il n’avait pas fallu énormément de temps à Yano pour prendre la décision de l’appeler et il devait reconnaître que cette idée lui faisait énormément de plaisir. Yano était en quelque sorte son ange gardien et c’était souvent parce que ses bourreaux craignaient ses représailles qu’ils cessaient de venir le brimer comme ils le faisaient auparavant. C’est donc sans plus de cérémonie qu’il se dirigea vers celui-ci pour arriver à sa hauteur en posant ses mains sur ses genoux à bout de souffle, tentant de commencer un semblant d’explication qu’il se devait de lui donner alors que la respiration lui manquait.

« Je suis vraiment désolé… Yano… je… j’ai du me rendre au bureau de mon professeur… principal. »

Incapable d’en dire plus pour l’instant, il se força à prendre une bonne inspiration pour tenter de calmer les battements fous de son cœur qui ne voulaient pas s’apaiser. Il fallait dire qu’il n’avait jamais été un marathonien des plus exceptionnels et que l’endurance était loin d’être son sport favori en épreuve sportive. Il s’obligea alors à relever le regard vers son meilleur ami et se passa la main derrière la nuque pour s’asseoir sur le banc aux côtés du sac du jeune homme alors qu’il ne parvenait plus à se souvenir de ce qu’il était parvenu à lui dire. Lorsque celui-ci lui tendit sa bouteille d’eau qu’il venait tout juste de sortir de son sac de sport, il le remercia tout simplement et n’attendit pas plus longtemps pour se réhydrater alors que Yano, lui lançait tout simplement dans une voix sereine.

« Je vois. Ne t’inquiète pas, ce n’est pas grave pour le retard, je me faisais juste un peu de soucis. J’espère qu’il n’avait rien de grave à t’annoncer, au moins ? »

Souriant aux mots de son ami qui les avaient prononcés avec un ton calme quoiqu’un peu porteur d’inquiétude à son égard, il secoua négativement la tête et en buvant une dernière gorgée alors que son souffle reprenait doucement un rythme normal de croisière, il ajouta.

« Non, rassures-toi. En fait, je pensais que… c’était un truc concernant le cours mais en fait… tu as désormais devant toi, le délégué officiel de la seconde année de droit, n’est-ce pas merveilleux ? »

Il avait employé un ton plus énergique pour le reste de sa phrase qui ne pouvait cacher l’émoi et le plaisir qu’il ressentait à cette nouvelle. Cependant, il savait tout autant que son ami que leurs entraînements quotidiens ainsi que leurs temps libres disponibles l’un avec l’autre allaient sûrement en compatir, c’est pour cela qu’il ajouta vivement.

« Par contre, je pense que mon temps libre va sûrement être réduit à cause de toutes les tâches qui vont m’être attribuées, mais je tâcherais d’être un élève très assidu…ça me chagrinerait de ne pas être en bonne condition physique pour ce stage en montage. J’ai tellement envie de découvrir cet endroit dont tu m’as parlé… Tu m’aideras, n’est ce pas ? »

C’est vrai que son temps libre allait en pâtir mais il ne désirait nullement abandonner l’idée d’aller à ce stage d’escalade dans les montagnes avec son meilleur ami. Cela faisait tant d’années que celui-ci l’entraînait jour après jour pour lui donner les bonnes cartes en main pour être un novice des plus exemplaire et ainsi grimper avec lui, qu’il ne pouvait décidément pas lâcher prise désormais…Non, pas alors que celui-ci avançait à grand pas. Il avait utilisé un ton des plus amicaux alors que son sourire d’ange ne quittait point ses lèvres. Bien entendu, il connaissait sa réponse mais rien ne rejetait l’idée que celui-ci en ait assez de sa personne alors il avait toujours eu tendance à vouloir s’assurer qu’il n’allait pas l’abandonner. Continuer sa route sans Yano, lui semblait alors tellement inimaginable et pourtant il fallait bien se résoudre qu’un jour leurs chemins allaient se séparer mais il souhaitait nullement y songer, préférant profiter de l’instant présent à sa compagnie qui lui était si agréable. C’est donc avec un sourire plus franc qu’il accueillit le geste de Yano, lorsque celui-ci lui ébouriffa les cheveux alors qu’il lui murmurait.

« Idiot ! Bien entendu que tu seras un élève des plus assidus, je n’ai nullement envie d’avoir perdu mon temps alors que tu es enfin prêt pour apprendre l’escalade libre. Je te laisserais sûrement pas abandonné si près du but ! »

Le regard de celui-ci était résolument doux et il ne pouvait nier le fait qu’il appréciait son regard toujours tendre à son égard, ainsi que ses gestes si démonstratifs de leur affection l’un pour l’autre. Il appréciait vraiment leur complicité et pour rien au monde, il échangerait sa place avec une autre personne. Non résolument jamais il en ressentirait l’envie et ça il en était persuadé. Souriant doucement à celui-ci qui le décoiffait toujours dans un geste des plus amicaux, il ne put s’empêcher de sourire de plus bel lorsque celui-ci le félicita de sa nouvelle distinction ajoutant même qu’il la méritait aisément et qu’il était véritablement fier de lui. Ô que ces mots étaient agréables à entendre et d’autant plus de la bouche de celle de son meilleur ami, lui qui ne faisait pratiquement jamais d’éloge sauf s’il les pensait réellement. Savourant cet instant de bien être auprès de son ami, il se rendit enfin compte qu’il n’avait toujours pas bougé d’un poil depuis son arrivée alors que son ami était résolument prêt à affronter des montagnes. L’observant à la dérobée, ses yeux ne purent s’empêcher de détailler la silhouette si parfaite de son ami. Bien que celui-ci l’ignore aisément, Ki Suk s’était rendu compte à la suite d’une relation amoureuse désastreuse avec sa première petite amie, Soo Rin, qu’il n’était résolument pas un homme à femme. Bien que sa petite amie avait été des plus attirantes et qu’elle faisait déjà tourner la tête à certains hommes, il n’était point parvenu à la désirer un seul instant, avant de se rendre compte qu’il n’éprouvait à son égard qu’une profonde amitié. Leur idylle ayant duré au final qu’un simple mois et ils étaient restés de bons amis mais cette histoire lui avait permis de mettre à jour, ce qu’il était réellement. En effet, contrairement aux formes si pulpeuses des femmes, il avait un grand faible pour les muscles des hommes et la perfection de ceux-ci sur certains corps. Bien entendu au début, il en avait éprouvé un certain malaise mais désormais, bien qu’il tâchait de le dissimuler sans réellement y mettre de l’acharnement, il ne se réprimandait plus lorsque ses yeux se baladaient sur le corps de certains hommes, sauf un seul : celui de Yano. Le jeune homme avait toujours été des plus populaire et admiré par les jeunes femmes, il est donc évidant qu’il avait tout pour attirer le regard. Après tout, bien qu’il donne l’impression d’être fin de sature, il possédait des muscles bien fermes et bien dessinés qui malgré lui, ne le laissait tout simplement pas insensible. Cependant, au fond de lui-même, il se réprimait de poser un tel regard sur son ami qui ne devait en aucune façon découvrir ce qu’il ressentait en ce moment. Tout était tellement flou dans son esprit et la seule chose qu’il ne désirait pas ajouter à tout cela, c’était une probable attirance sexuelle avec son meilleur ami, cela n’étant tout simplement pas louable de sa part. Non, Yano était et devait rester son meilleur ami, lui qui contrairement à lui, avait prouvé à mainte reprise que les corps féminins l’attiraient tout simplement. Qu’elle pourrait-être alors sa réaction s’il découvrait ses tourments ? Il ne désirait point le savoir, bien trop tétanisé par cette idée. C’est pour cela qu’il détourna rapidement le regard en se levant précipitamment pour se dégager doucement du geste de son ami.

« Bon, il serait peut être temps que je songe à m’équiper, je suppose. » s’exclama-t-il avec entrain quoiqu’un peu déstabilisé par ce qu’il venait d’éprouver si spontanément à la vue de ce corps, avant de poursuivre. « Tu m’accordes quelques minutes ? Je vais aux vestiaires me changer et je reviens vite. »

Finissant ses mots dans un sourire amical, il prit son sac de sport qu’il avait avec lui et s’élançant vers les vestiaires, en laissant derrière lui un Yano rassuré de voir qu’il s’était de nouveau inquiété pour rien. Une fois revêtu de son équipement qui était similaire à celui de son ami, il se positionna sans un mot à côté de sa corde de soutien, tout comme son ami, qui était désormais devenu très sérieux. Comme un bon élève attentif, il écouta soigneusement les conseils et avertissements de son ami ainsi que les rudiments à connaître de cette technique. A la différence de celles qu’il avait apprise auparavant la corde ne servait que de soutien pour atténuer une quelconque chute si celle-ci survenait mais contrairement à d’autres techniques, ils n’utilisaient pas d’ancrages qui permettaient toute sécurité au grand maximum. C’est donc en élève sérieux qu’il attacha son baudrier comme lui indiquait Yano et après avoir soigneusement vérifié son matériel, ils s’élancèrent tous les deux à la conquête de ce mur qu’il connaissait désormais pratiquement par cœur pour l’avoir exploré à maintes reprises. Cependant comme Yano lui avait toujours dit, il ne fallait absolument pas se sentir trop en sécurité car dans la nature, il est souvent impossible de prendre deux fois le même chemin et il fallait toujours faire attention aux appuis qu’on choisissait. Ayant confiance en l’expérience de son ami dans ce domaine qu’il connaissait, il prenait très soin de ne jamais se déconcentrer lorsqu’il posait l’une de ses mains ou pied sur une des prises, étant essentiellement à ses moments là que les escaladeurs faisaient des erreurs de débutants malgré eux.

Comme toujours Yano en parfait grimpeur, le devança rapidement de l’autre côté du mur d’où il se trouvait, déplaçant son corps avec aisance sur les prises du mur. Rien de bien étonnant pour un chevronné tel que lui, se disait-il. A ce moment là, il ne pu s’empêcher de l’observer de nouveau un bref instant alors que son corps était si parfait, si beau alors qu’il se recouvrait doucement d’une fine pellicule de sueur qui ne faisait que le rendre d’autant plus magnifique. Remarquant une nouvelle fois sa contemplation malgré lui, il soupira légèrement de dépit pour sa personne et se força à détourner le regard pour se concentrer de nouveau sur son ascension, bien que de nouveau un peu fébrile. C’était son meilleur ami, son ami et non un objet de fantasme ou de contemplation, il devait absolument se résonner et pourtant il n’y parvenait pas sans vraiment en comprendre la raison. Alors qu’il tachait de reprendre sa concentration et le contrôle de sa personne pour choisir quelle prise il devait prendre pour continuer son ascension, il vit alors un objet lourd tomber non loin de lui. Il lui fallut d’ailleurs plusieurs secondes pour prendre véritablement conscience de quoi il s’agissait et lorsque la réponse percuta de plein fouet son esprit, il sentit alors son cœur ne faire qu’un tour alors qu’il sentait légèrement sa main trembler ainsi que son corps. Non, il ne voulait pas baisser le regard, non il ne désirait nullement regarder de quoi il s’agissait ayant alors bien trop peur de la réponse mais un simple regard vers l’endroit où devait se trouver son ami l’informa pleinement de ce qu’il venait de se passer. Une chute, son meilleur ami venait de tomber telle une masse sur le sol et en l’espace d’une seule seconde, son esprit était devenu si vide. Yano venait de tomber au sol avec force et l’idée qu’il pouvait être désormais mort ou gravement blessé le tétanisé totalement. C’était de sa faute si c’était arrivé, Yano avait toujours tendance à bien vérifié son équipement à chaque fois pour qu’il ne risque absolument rien et peut être qu’il avait commit une faute sur son propre équipement… ça semblait tellement logique à ses yeux. C’est donc totalement tétanisé mais inconsciemment qu’il se glissa au sol en redescendant aussi vite qu’il pouvait pour porter assistance à son ami immédiatement. La peur semblait alors totalement habiter son être, il était si terrifié à l’idée de le perdre que celle-ci lui crevait le cœur, lui donnant même la nausée alors qu’il s’agenouillait avec difficulté auprès de son ami qui semblait alors encore conscient. Son visage exprimait une profonde inquiétude et peur qu’il était tout simplement incapable de camoufler même si au fond de lui, il savait qu’il aurait du le faire car cette crainte pouvait révéler certaines choses qui pourraient remettre en doute la pureté de leur lien. Cependant il ne pouvait pas s’en empêcher, c’était plus fort que lui, c’est alors avec une voix rempli d’inquiétude et secoué par de légères coupures due à la vive émotion qu’il ressentait à l’heure actuelle qu’il lui demanda.

« Yano…Tu vas bien ? Tu te sens bien ? Tu as mal quelque part ? … Je suis vraiment désolé, Yano, c’est peut être de ma faute, je m’en veux tellement, si tu savais. Quand je t’ai vu tomber, je me suis imaginé le pire des scénarios et j’ai eu tellement peur… Je m’imaginais déjà que tu n’étais plus et…et…que sans toi, j’aurais vraiment du mal à vivre… »

Il savait bien que ce qu’il disait n’avait ni queue ni tête, que c’était peut être pas les mots qu’il convenait mais il ne parvenait pas à les retenir. Il avait eu tellement peur en redescendant à sa hauteur, tellement effrayé à l’idée qu’il était inconscient, voir pire que son cœur avait surpassé sa conscience. Vivre sans lui était résolument une chose à laquelle il avait le plus peur car il ne pouvait nullement songer à celle-ci, non c’était bien trop lui demander, à lui et à son pauvre cœur. Cependant, bien que ces mots montrent à quel point son inquiétude envers son ami était réelle, il se força à reprendre plus ou moins son calme en ajoutant seulement.

« Enfin…Je veux dire…Tu as mal quelque part ? Tu veux que je t’amène à l’infirmerie ?…S’il te plaît, Yano, dis moi ce que je peux faire pour t’aider. »

Sa voix était quelque peu suppliante alors qu’il fixait son ami d’un regard pénétrant cherchant en lire en lui pour y trouver un semblant de réponse. Il savait qu’il avait fait une grosse chute et en son âme et conscience, il était intimement persuadé qu’il avait du se casser quelque chose et si pire que cela, il s’était rompu la colonne vertébrale ? Rien qu’à cette idée son cœur se retournait et c’est donc avec un bien être non dissimulé qu’il appréciât ô grandement la chaleur et la douceur de la main du jeune homme sur sa joue qui avait fait en sorte de se relever un peu en prenant appuie sur son bras pour venir lui caresser tendrement le visage de cette main. Un geste qui semblait alors loin d’être anodin aux yeux des autres mais qui était des plus naturels entre eux deux qui ne pouvaient tout simplement pas s’empêcher d’être tendre et attentionné, l’un envers l’autre. C’était tellement apaisant de sentir sa peau contre la sienne, que les tourments qui l’assaillirent depuis quelques minutes semblèrent peu à peu s’apaiser alors que Yano lui murmurait dans une voix des plus tendres et inquiète.

« Je vais bien, Ki Suk. Merci de t’inquiéter pour moi mais ça me fait encore plus mal de te voir dans un tel état par ma faute. Je n’aime décidément pas te voir avec cet air soucieux et coupable… » Commença-t-il doucement alors qu’il glissait ses doigts sur sa joue pour approfondir son geste avant de poursuivre doucement. « Ce n’est pas de ta faute, d’accord ? C’est mon baudrier qui a lâché alors fais moi un sourire, s’il te plaît. »

C’était tellement rassurant de savoir qu’il allait bien, si apaisant qu’il sentit quelque peu mieux à ces mots, appréciant toujours avec plaisir cette caresse sur sa joue qui ne faisait qu’approfondir de son soulagement de le voir capable d’avoir un tel geste à son égard. C’est donc avec une certaine timidité qu’il répondit à sa requête. Si Yano désirait qu’il lui sourit, il le ferait, il ferait tout ce qu’il pouvait pour atténuer la douleur qu’il avait dut endurer quelques minutes auparavant. Cependant celui-ci semblait s’excuser de l’avoir mit dans un tel état, qu’il était résolument désolé de lui avoir fait connaître de tels tourments. Secouant négativement la tête alors que celui-ci cessait son geste sur sa joue, il murmura simplement incapable de retenir ces mots.

« Tu n’as pas à l’être, tu sais ? Quand ton sort est remis en cause, c’est peut-être bête, je le conçois mais je ne peux pas m’empêcher d’être inquiet pour toi. Tu sais… tu es l’une des personnes des plus chères à mes yeux et ça me semble normal d’être préoccupé par ton sort. Peut être que je ne devrais pas l’être mais je ne puis en faire autrement et ce même si cela peut te sembler déplacé…Je suis désolé si ça l’est à tes yeux, vraiment... »

Il ne mentait pas, c’était résolument impossible pour lui d’en faire autrement, il tenait à Yano énormément, peut être bien plus que ce que deux meilleurs amis devaient éprouvés l’un pour l’autre, il en avait peut être pleinement conscience mais au fond de lui-même, il savait que c’était un sentiment partagé. La preuve, Yano s’était inquiété dès l’instant ou il n’avait point eu de ces nouvelles, s’apprêtant même à l’appeler pour se rassurer alors il savait qu’il pouvait dire ces mots sans crainte de représailles et lorsque celui-ci le regarda avec étonnement, il ne détourna nullement le regard, voulant absolument avoir une réponse de sa part. S’il lui disait que c’était anormal, promis il tâcherait d’atténuer ses inquiétudes le concernant mais si tel il le pensait celui-ci partageait ce qu’il ressentait alors il n’avait plus à rien à craindre, n’est ce pas ?

« Je comprends parfaitement ce que tu veux dire et je ressens exactement la même chose lorsque cela te concerne… C’est juste que je ne supporte pas de te voir si inquiet, si coupable…Désolé, de me montrer si égoïste envers toi en te demandant de réprimer ce que tu ressens alors que je n’ai nullement le droit de le faire. »

Le regard de son ami avait été franc et il ne l’avait point quitté du regard un seul instant. Soulagé de voir à quel point ils éprouvaient la même chose l’un pour l’autre, il ne pu s’empêcher de sourire faiblement alors qu’il se relevait pour l’aider à faire de même. C’est alors qu’il le vit grimacer de douleur alors qu’il manquait de s’effondrer, bien mal à point comparé aux mots rassurants qu’il s’était pris la peine de lui assurer. Ne supportant tout simplement la vue de son ami pris par la douleur, il l’obligea à s’appuyer sur son dos pour le transporter jusqu’à l’infirmerie, prisonnier d’une inquiétude sans précédent alors qu’il le voyait frapper par une fièvre due au choc de l’accident, le laissant alors tout simplement à demi conscient. C’était tellement horripilant pour lui de ne pas être en mesure de courir plus rapidement à travers les ruelles du campus qui les séparer de l’endroit ou celui-ci pourrait recevoir des soins qui pourrait venir atténuer la douleur qu’il ressentait. Il sentait à quel point, celui-ci peinait à prendre sa respiration et avait tendance par moment à relâcher sa prise autour de son cou dans les moments où il semblait perdre peu à peu conscience. S’il en avait la possibilité, il aurait tout fait pour venir amoindrir la douleur de son ami, pour faire en sorte qu’il souffre moins mais pour l’instant la seule chose qu’il pouvait faire était de faire de son mieux pour arriver rapidement à l’infirmerie, quitte à s’effondrer d’épuisement, une fois arrivé là bas.

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