I Should hate you but i love you - Chapitre 19

Pseudo : Mary

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Chapitre 19 :

Je soupire, assise au bureau de la bibliothèque alors que je tente de me consacrer sur mon mémoire que je dois rendre d'ici une semaine. Sandra est assise à côté de moi et semble totalement concentrée sur le sien alors que de mon côté j'observe les étudiants qui sont tous plongés dans leur devoir. Cela fait désormais un mois que j'ai décidé de rester ici et la situation semble s'être calmée. J'évite de rencontrer Kévin et lorsque je le rencontre par inadvertance, nous nous ignorons mutuellement. Il semblerait que le message soit passé même si cela me rend triste. Au bout de dix minutes sentant que je n'arrive pas à me consacrer à mon mémoire, je prends mes affaires et décide de rentrer chez moi. En sortant de la bibliothèque j'aperçois Andrew. Qu'est ce qu'il fait ici ? Je le vois discuter avec une jeune fille aux longs cheveux noirs et aux yeux couleur océan. Il s'agit d'une très belle jeune fille typée asiatique. Lorsque j'arrive à leur hauteur, il remarque ma présence et me lance.

- Salut Julia, cela fait longtemps, non ?

En effet depuis la veille de mon pseudo départ, je n'ai pas eu l'occasion de le revoir. Je lui souris et je m'approche d'eux. Il me fait la bise et me présente à la jeune fille.

- Julia, je te présente Mizuki, ma vraie fiancée.

Je le regarde étonnée et je me retourne vers la jeune fille qui déclare ouvertement.

- Andrew, je suis plus ta fiancée, t'as oublié que j'ai cassé avec toi ?

- On sait tous les deux très bien pourquoi tu as rompu, mais pour moi tu l'es toujours, ne l'oublies pas !

Il est sérieux et je me sens d'un seul coup mal à l'aise de me retrouver entre eux. Mizuki détourne des yeux, troublée sûrement par ses paroles qui semblent si sincère.

- Mizuki, ne me repousse pas ! Je sais que tu m'aimes alors;

- Alors rien, dit elle avant de partir sans rien rajouter.

Il soupire et ne semble pas vouloir la poursuivre.

-Tu ne la rattrapes pas ?

Il me sourit gentiment et murmure :

- ça ne servirait à rien, j'ai l'habitude mais bon;

Son regard semble assez triste et je ne sais plus quoi dire.

- Au fait, rajoute-t-il en souriant, ça te dirait d'aller boire un verre avec moi ?

Je le regarde surprise et accepte sa proposition. Lorsque nous arrivons dans le petit café qui se trouve en face de l'université, on s'assoit et reprenons notre conversation.

- Alors comme ça, finalement monsieur est follement épris de cette jeune fille, dis je en rigolant.

Il sourit tendrement et acquiesce.

- Cependant, je n'arrive pas à la comprendre;je sais qu'elle m'aime et elle sait que je l'aime mais;il semble qu'elle ne souhaite pas que je sacrifie ma vie pour elle alors que moi;

- Sacrifier ?

- Elle est atteinte d'une maladie du cœur, pour faire simple elle a une sorte de bombe à l'intérieur d'elle. Elle peut vivre normalement à condition qu'elle prenne son traitement mais depuis qu'elle l'a appris, elle refuse totalement que je la voie.

- ça doit être dur à vivre pour vous deux.

- Je me fais du soucis pour elle, et j'ai tellement envie d'être à ses côtés que s'en est frustrant, alors pour ça je sors en boite, drague des meufs pour la rendre jalouse mais;j'ai l'impression que petit à petit je la perds;mais bon assez de parler de ça, et toi comment vas-tu ?

Je lui souris gentiment et murmure :

- ça va ! Du moins on fait du mieux qu'on peut.

- Et ta relation avec ce Kévin ?

Je soupire en essayant de me calmer, tellement l'énonciation de son prénom me fait mal au cœur.

- On se parle plus. Je pense qu'il a compris le message.

Il me lance un regard triste et vient me serrer gentiment la main comme pour tenter de me redonner du courage. Il est tellement adorable et surtout si gentil.

- Mais tu crois que ce que t'as dis son père est vrai ?

Comment ça, ne me dites pas qu'il est au courant lui aussi !! En relevant violement le visage, il rajoute.

- Désolé, ce soir là, j'ai entendu toute la conversation. Franchement, j'ai du mal à imaginer ton père faire une chose pareille.

Je soupire.

- Moi aussi pour tout avouer, plus j'y pense et plus je crois en mon père, mais les gens peuvent se montrer tellement méchants. Si jamais une telle rumeur venait à être divulguée, ça ruinera tous ses efforts. Et puis d'un côté, je me demande si cette folie n'est pas possible, je sais que ma mère n'est pas restée avec mon père pendant sa grossesse, ce que je ne savais pas c'est qu'elle vivait avec Keller. Tu vois, j'ai toutes ses questions qui me passent par la tête et j'aimerais tellement avoir des réponses,; et pourtant... en même temps, j'ai peur de les avoir,; c'est vraiment horrible comme sensation;.Tu sais, se dire que ses réponses pourraient te détruire.

Il resserre un peu plus sa main sur la mienne, comme pour me dire qu'il me comprend.

- Oui j'imagine, cependant je pense que tu devrais ouvrir ton cœur à ton père. Il t'aime, j'en suis persuadé et s'il savait ce que tu es en train de vivre en ce moment, je suis persuadé qu'il voudrait que tu lui en parles. En tout cas, je sais que moi, j'en parlerai à mon père.

Je le regarde et lui sourit en me demandant pourquoi j'ai l'impression qu'il tient le même discours que Mathieu. Je lui murmure ma réponse tout en portant mon café à mes lèvres.

- Je ne sais vraiment pas.

Je ne sais vraiment pas quoi faire, au fond de moi-même, j'ai envie de lui en parler, afin d'en avoir le cœur net et puis en même temps...j'ai peur, oui peur de lui faire de la peine, de le décevoir en le croyant coupable...

- En tout cas je souhaite que tout cela soit un véritable mensonge, pour toi comme pour ta famille.

- Merci Andrew, murmure-je.

Le silence s'installe entre nous et chacun semble occupé par ses pensées. Je regarde les autres clients du café lorsqu'il murmure.

- Je suis en train de penser c'est bientôt ton anniversaire, non ?

- Comment tu le sais ? Demande-je étonnée qu'il le sache.

Il sourit à ma question et rajoute

- Ben en fait ton père souhaite le fêter ici en Californie avec tous tes amis et il m'y a convié, tu le savais non ?

- Je n'étais même pas au courant, dis-je simplement en reposant ma tasse de café.

- Mince j'ai gaffé alors, dit-il mal à l'aise.

J'éclate de rire face à son visage mal à l'aise et je lui réponds que je ferai genre que je ne suis pas au courant.

- C'est prévu pour le 14 soir normalement, mais maintenant je me tais, rajoute-t-il avant de se muet face aux questions que je lui pose.

- Arrête, tu n'auras pas de réponse, pas la peine d'insister.

Je fais la moue et il explose de rire devant mon regard faussement vexé.

Il n'y a rien à dire, savoir que je vais fêter mon anniversaire dans deux semaines avec mes amis et ma famille, me met le baume au cœur. Au point que je pourrai en oublier tous mes soucis.

J'ai enfin fini de taper ce foutu mémoire, et j'en suis plutôt fière, me plonger dans mes études m'a permis de ne pas penser à ma relation avec Kévin et le vide que j'ai l'impression d'avoir au fond de mon cœur. Je dois bien avouer, ne pas pouvoir être à ses côtés me fait vraiment mal. A chaque fois que je l'aperçois tout souriant aux côtés de Kelly réveille en moi, un sentiment de jalousie comme au temps où j'étais une pauvre adolescente amoureuse de ce cher Kévin. Je suis vraiment idiote, c'est moi qui ait voulu que Kévin disparaisse de mon cercle d'amis et de ne plus avoir à le fréquenter alors pourquoi je ressens cette boule au fond de mon estomac à chaque fois que j'ai le malheur de le croiser dans l'université. Je soupire alors que je monte les marches de mon bâtiment et percute sans le vouloir quelqu'un. Mon regard se relève sur le visage de la jeune fille qui était avec Andrew la dernière fois.

- Désolée, Mizuki ? C'est bien ça ?

- C'est bien ça, dit elle sur un ton froid. T'es la nouvelle fiancée d'Andrew, non ?

- Euh théoriquement parlant et socialement, oui, mais en réalité pas du tout.

Elle me reloque des pieds à la terre et murmure.

- ça m'aurait étonné si c'était la vérité, car tu n'es pas du tout son genre.

Je la regarde étonnée alors qu'elle rajoute.

- Enfin bref tout cela ne me concerne en aucune façon, puisque pour moi il n'est plus rien.

Sans pouvoir me retenir, ma main vient se claquer sur sa joue qui prend d'un seul coup un teint rose rouge. Elle porte sa main à sa joue et me regarde étonnée alors que moi-même je ne sais pas quoi dire. La seule chose dont je suis sûre c'est que ses paroles m'ont à la fois fait de la peine et aussi énervée.

- Andrew m'a expliqué ta situation;je comprends que c'est difficile mais tu n'as pas le droit de faire ça, désolée. Il t'aime et je sens que toi-même tu l'aimes alors pourquoi le fuis-tu ? Tu as au moins la chance de vivre auprès de l'homme que tu aimes alors tu devrais le faire. Pense à ceux qui n'ont pas la possibilité de le faire, merde.

Son regard devient noir et elle me lance hors d'elle.

- Mais pour qui tu te prends, toi ! Tu me connais pas alors je t'interdis de me dire ça, ok ? Tu ne sais rien, rien du tout. Tu dis qu'il m'aime alors pourquoi est ce que tous les soirs, il va en boite se pavaner devant une horde de salope qui rêve qu'une chose l'avoir dans leur lit, hein ? Et tu oses me dire qu'après il m'aime ? Ne me fais pas rire, s'il te plait.

- Il fait ça pour te rendre jalouse et ça marche à la perfection, il semblerait.

Elle me gifle à son tour alors que je sens sa respiration haletée, elle approche sa main de son cœur et s'agenouille alors que j'ai l'impression qu'elle fait un malaise. Je commence à composer le numéro des urgences lorsqu'elle murmure.

- Ne Panique pas, ce n'est rien. Il t'a tout dit alors ?

Elle relève son visage alors qu'elle tente petit à petit de récupérer sa respiration.

- Tu vois pourquoi je ne veux pas penser à lui ? Tu vois pourquoi je ne veux rien entendre en ce qu'il le concerne ? Parce qu'il me rend ainsi !!! J'en ai marre de penser à lui, de souffrir à chaque fois que je l'imagine au bras d'une salope et dont avec qui il fera la une le lendemain matin. Tu te trompes sur moi, je ne l'aime pas ! Andrew a toujours été ainsi, c'est un parfait beau parleur, très doué d'ailleurs. J'ai été une de ses filles alors je sais de quoi je parle. Il le dit à plein d'autres qu'à moi alors pour moi, ces Je t'aime sonnent terriblement faux à mes oreilles. La seule chose que je voudrais c'est qu'il cesse de me parler. C'est tout ce que je lui demande.

Elle se met à pleurer alors que d'autres étudiants descendent l'escalier sans nous jeter un seul regard. Elle se ment à elle-même, ça se voit.

- Tu sais très bien que tu te mens à toi-même là. Tu tentes de te persuader que c'est un enculé et que tu ne peux pas en être amoureuse alors qu'en réalité, il est;

- TAIS-TOI !!! TAIS-TOI S'IL TE PLAIT !

Je m'agenouille face à elle et je la prends dans mes bras alors que j'ai l'impression que nous nous ressemblons un petit peu. Je me force à ne pas penser à Kévin alors qu'il hante chacune de mes pensées, je tente de me persuader de tourner la page, comme elle tente de ne plus craquer pour Andrew. Elle ne me repousse pas et s'accroche même à moi pour verser toute la peine qu'elle ressent.

- Je le sais, je le sais très bien qu'il est doux et généreux. Je sais aussi qu'il m'aime autant que moi, je l'aime et pourtant;pourtant, je n'ai pas le droit de lui faire subir ça. Je ne peux pas avoir d'enfant et lui rêve d'en avoir afin de combler totalement de joie sa mère. Je ne peux même pas lui donner ça alors que je l'aime tant, tout ça parce que j'ai cette putain de maladie.

Elle se met à rire entre ses sanglots et me regarde en disant.

- Et le pire dans tout ça, c'est que je ne sais même pas pourquoi je t'en parle. On ne se connaît même pas.

- Et bien devenons amies, non ? Dis-je en souriant alors qu'elle me regarde étonnée.

- Pourquoi pas après tout, murmure-t-elle alors qu'elle essuie d'une main ses larmes sous mon regard rempli de compassion.

Finalement, je ne suis pas la plus à plaindre. Plus je pense à la situation de Mizuki et plus je me dis qu'à côté de moi, elle vit un véritable enfer. Ne pas savoir si le lendemain, son traitement continuera d'avoir effet. Avoir la peur au ventre de perdre tous ses proches. Je soupire. Oh oui je suis loin d'être la plus à plaindre. Le temps est à l'orage aujourd'hui alors que je suis assise sur les marches abritées de mon bâtiment. Notre prof n'est pas là. Je me suis donc séparée de mes amis pour me retrouver un petit peu seule. Je regarde la pluie fortement frappée le sol alors que je ressens une extrême envie de me jeter dessous pour sentir les contacts de ses gouttes d'eau sur ma peau. Alors que je me dirige vers la cour en ayant laissé mes affaires sur les marches, j'entends une voix m'appeler. Je me retourne et fait face à Kelly qui me sourit gentiment.

- Désolée, je ne voudrais pas te déranger.

Je lui réponds qu'elle ne me dérange pas alors que je la vois descendre petit à petit les marches pour me rejoindre. Désormais je me sens à moitié idiote d'avoir éprouvé de la jalousie à son égard.

- Qui puis-je faire pour toi, Kelly ?

- Euh;Si tu me permets, j'aurai une question à te poser ? Demande-t-elle timidement.

- Sur quel sujet ?

- Kévin.

Rien que d'entendre son prénom, me fait mal alors que je devrai être pourtant habituée à faire semblant.

- Kelly;, murmure-je dans un soupire.

Je ne veux pas en parler, ça me fait si mal au cœur.

- Je me doute que tu ne veux pas en parler mais j'aimerai avoir une réponse sincère de ta part, Julia. Je ne lui dirai rien, je te le jure mais dis moi au moins si tu l'aimes toujours.

Je sens que sa voix est chargée de larmes, alors que je sens mon cœur se serrer terriblement dans ma poitrine.

- Je ne peux pas Kelly, désolée.

- Mais pourquoi ? Donne-moi juste une réponse, un oui ou un non !

Lui répondre que...non je ne dois pas et pourtant avant même de réagir, je lui hurle au bord des larmes.

- Parce que si je te dis la vérité;si je te dis véritablement la réponse que me pousse à dire mon cœur;je n'arriverai plus à l'ignorer. Et;si jamais je le disais à haute voix, je ferai tout pour le récupérer, même prendre le risque de détruire à tout jamais ma famille. Alors s'il te plait, Kelly, ne me le demande pas.

Elle se met à pleurer alors que je me force de ravaler les larmes qui menacent sérieusement de couler. Je me dirige donc en courant vers la cour pour les laisser couler, alors que la pluie fouette violement mon corps les cachant aux yeux des autres. Juste en parler me rend malheureuse, me redonne l'envie de me trouver auprès de lui, de sentir son cœur battre au creux de mon oreille, sentir sa douce odeur. Je m'agenouille et me demande sérieusement si Andrew et Mathieu n'ont pas raison. Demander tout simplement si c'est la vérité à mon père. Ce qui est totalement une folie, je le sais mais à cet instant même la seule chose dont je suis convaincue c'est que Kévin me manque cruellement et que j'ai envie de l'avoir auprès de moi car j'ai horriblement besoin de lui à mes côtés.

- FIN -

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