I Should hate you but i love you - Chapitre 16

Pseudo : Mary

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Chapitre 16 :

Lorsque mes yeux se rouvrent, je me trouve allongée dans un lit d'une chambre assez luxueuse, serais-je encore chez Andrew ? Il semblerait aussi qu'on soit le matin, j'aperçois quelques rayons de soleil tentaient de passer les épais rideaux des fenêtres de la chambre. Je sens alors une chaleur couvrir ma main gauche et j'aperçois qu'il s'agit de celle de mon père. Il s'est assoupi surement fatigué de me veiller. Son visage est serein même si j'y vois des traits de fatigue. Comment pourrais-je imaginer que ce père si tendre et prévenant, ait pu faire ce que Keller à dit ? Non je ne peux pas l'imaginer;non je ne veux pas y croire;mes larmes coulent de nouveau sur mes joues et mon cœur se serre cruellement. Je tourne de nouveau la tête pour qu'il ne puisse pas entendre, ni voir mes sanglots. Non c'est impossible, Keller veut juste que je m'éloigne de Kévin alors il a utilisé ce mensonge pour que je le fasse;Je sais que j'essaye de fuir la réalité, en me disant que tout ceci n'est qu'un horrible mensonge. Je me retourne vers lui et caresse tendrement ses cheveux comme il me l'a si souvent fais. J'imagine le calvaire qu'il a du vivre, être auprès de la personne qu'il aimait sans avoir eu son cœur. C'est la première fois de ma vie que j'arrive à imaginer ou à penser à ce qu'il a du endurer. J'écrase une de mes larmes et le regarde de nouveau. C'est moi la vraie coupable dans cette affaire, si je n'étais pas venue au monde alors ma mère serait toujours là, et mon père aurait toujours le groupe « Carlson » et ainsi notre famille n'aurait jamais été trainée dans la boue. Je me sens tellement sale que j'enlève ma main de celle de mon père qui se réveille à ce geste soudain de ma part. Il se frotte les yeux et semble inquiet de mes yeux en larmes. Il tend sa main pour essuyer une de mes larmes, mais je la repose malgré moi. Je ne veux pas qu'on me touche, pas moi qui suis le fruit maudit. Il semble sous le choc de mon geste et ne sait que faire.

- Je suis désolée, papa, mais;je veux rester seule.

Il me regarde vraiment inquiet alors que je me retiens de lui hurler de me donner des explications, pourquoi m'avoir mis au monde ? Pourquoi maman n'avait-elle pas avorté;Et pourquoi toujours autant de mystère sur ma maudite naissance et sur le sujet de ma mère ?

Si je ne les pose pas, c'est que je sais que c'est un sujet tabou pour lui, que ça le fait souffrir énormément ! Avec le temps j'ai appris à comprendre mon père;je sais qu'il n'en parle pas pour ne pas en souffrir encore plus;je sais qu'il était amoureux d'elle, et j'imagine assez ce que ça a du être de voir la femme qu'il aimait, en aimer un autre alors qu'elle lui était mariée;je ne peux qu'imaginer sa tristesse et son amertume.

Sans un mot, il se lève et sort de la chambre. Je regrette ce que je viens de faire, je sais qu'il essayait d'être prévenant comme d'habitude, tenté de me consoler comme il l'a toujours fait, en me disant qu'il serait toujours là pour moi. Cependant ce que Keller m'a dit ne cesse de repasser comme un disque en mode répétition;Ton père à violé et battue ta mère;tu es le fruit de la mort. Ses mots me font tellement mal, il m'a touché en plein cœur, réussir à dire tout haut, ce que je pensais toujours tout bas. M'a mis en pleine face, mes peurs, mes craintes et mon aversion contre la chair que je suis. Je suis la meurtrière de ma mère et ça rien ne pourra effacer ça. J'efface mes larmes et tente de me calmer. Je me lève et vais à la grande fenêtre dont je tire les rideaux. Les rayons du soleil remplissent entièrement la chambre et baigne mon visage de leurs éclats. Le ciel est tellement beau, les oiseaux volent haut dans le ciel, tout ce qui rendrait n'importe qui souriant, sauf moi à cet instant. Le jardin est immense, arborés avec de magnifique arbuste très bien taillés, on pourrait se croire dans un jardin royal. Je me dirige vers la salle de bain et sans jeter un regard vers le miroir je me passe la tête sous l'eau pour tenter de chasser les paroles de Keller, mais rien n'y fais. J'ai envie de rentrer chez moi, m'enfermer, m'isoler pour ne pas à avoir à affronter des regards qui me demanderont ce qui m'est arrivé la veille, pourquoi je me suis évanouie, et surtout pourquoi étais-je avec Keller ? Je sèche rapidement mes cheveux et les attachent en chignon vite fais avant de sortir de la chambre. En arrivant au rez-de-chaussée, après m'être perdue quelque peu dans cette grande résidence, je me retrouve face à Andrew qui est sur le point de partir. Je passe devant lui, avant même qu'il ne puisse dire un mot et sort de la résidence. Je ne veux voir personne, rester seule et possible dans le noir. Je l'entends m'appeler mais je ne réponds pas, mais marcher en talon sur du gravier n'est pas évident, et il me rattrape rapidement en m'agrippant la main.

- Lâche-moi, je veux rentrer chez moi !

- Je te ramène alors, tu aurais du resté allongé, tu nous as fais un gros malaise hier soir, et en plus tu as oublié ton manteau alors que tes cheveux sont mouillés. Tu sais combien il fait ce matin ?

Qu'est ce que j'en sais ? Mais il n'a pas tort, il pèle. Je suis tellement perdue que je ne ressens même plus le froid. Ma main est encore dans la sienne et je ne comprends pas pourquoi je ne ressens pas l'envie soudaine qu'il me lâche. Il m'amène directement dans sa voiture et m'y fais monter après m'avoir passé mon manteau. Il monte à son tour et nous prenons la direction de mon appartement. Je colle ma tête contre la vitre et regarde la route défilée sous mes yeux. Je sens son regard inquiet mais je ne dis mot;il y a encore deux jours, c'était un parfait étranger et désormais je sors entre guillemet avec lui. Si j'avais envie de parler avec quelqu'un ça ne serait certainement pas avec lui.

Lorsqu'on arrive devant mon appartement, je sors de la voiture en lui disant un simple merci et monte en courant les étages. Lorsque j'y pénètre, je m'enferme à double tour et m'effondre enfin en me recroquevillant sur moi-même. Mes larmes me reviennent de plus belles et je me laisse gagner par la tristesse.

Lorsque mes sanglots se font plus faibles, j'essuie mes yeux puis les ferment. Pourquoi suis si faible ?...Je me lève enfin et comme un zombie, je m'enferme dans la salle de bain pour prendre un bain. Je m'installe dans la baignoire et repose ma tête sur le rebord. J'aimerai tellement zapper ce qui me traverse l'esprit, n'être qu'une poupée qui ne pense pas, qui ne souffre pas;pourquoi suis-je ainsi ?;J'ai malheureusement mes pensées et surtout mes douleurs;je suis le fruit de la mort;le fruit de la mort...de la mort. C'est une fatalité à laquelle je dois me faire;et ça sera toujours le cas;Alors que dois-je faire ? Dois-je essayer de fuir cette réalité ? ou plutôt essayer de l'affronter du mieux que je le peux ?... Je sais très bien que la fuir serait lâche mais ça me permettrait d'aller tellement mieux;cependant rien ne changerait. L'affronter du mieux que je le peux ?...Je soupire, oui il me reste que cette solution, affronter le fait que je suis ainsi. Que je suis une meurtrière et que je le serai toujours quoi qu'il arrive;Je soupire de nouveau et après m'être lavé, je sors de la baignoire après m'être enveloppé d'une serviette. Je ramasse mon manteau et prend mon portable qui se trouvait dans une poche;j'ai de nombreux appels en absences, dont les ¾ proviennent de mon père;d'autre de Mathieu et enfin un sms de Kévin.

Je me dirige vers le canapé et m'y installe avant d'ouvrir le sms;mes mains tremblent et je l'ouvre finalement.

« Il faut qu'on se parle ! K. »

Mon cœur me fait mal et je repense à l'ultimatum de Keller;S'il divulguait toute l'histoire, mon père serait détruit sans parler de l'avenir de mon frère;Que dois-je faire ? Mais que dois-je faire ? Je pose ma tête contre le dossier du canapé et ferme les yeux. Que dois-je choisir ? Une larme s'écoule le long de ma joue, et je repense à tout ce qui vient de se passer, hier encore, je vivais le parfait amour et me voilà dans une panique totale. Je ne peux pas détruire l'avenir de mon frère, si ce scandale éclatait son avenir de député serait totalement mis aux oubliettes ainsi que son avenir professionnel. Qui voudra embaucher, le fils d'un homme qui a battu et violé sa propre femme en la foutant enceinte ? Personne. Et pour mon père ça serait encore pire que ça, il serait à jamais perdu dans l'abime dans lequel il est depuis la mort de ma mère. Il ne supporterait surement pas la chose. Alors même si ça fait mal, je ne peux pas laisser ça arriver. Je rouvre mes yeux et de ma main tremblante, je tape ce message que j'écris sans penser à ce que j'écris et je l'envoie avant d'éteindre mon portable.

« On n'a rien à se dire. Ne nous revoyons pas ! J. »

Voilà mes derniers mots pour celui que j'aime mais que le destin se plait à me séparer. Je me recroqueville sur moi même et je tente tant bien que mal de calmer mes sanglots. Je dois changer d'air, sinon je vais devenir folle...Mais ou aller alors que l'on est en plein semestre ? Alors que je réfléchis à ça, j'entends d'un seul coup quelqu'un tambouriner sur la porte...je n'ai pas à réfléchir à qui il s'agit. Je me lève en me mettant face à la porte close et je me murmure à moi même.

- Julia, tu dois le faire.

J'ouvre la porte et je me retrouve à Kévin...qui semble d'un seul coup calme en me voyant dans cette tenue. Il est vrai que j'accueille rarement un visiteur en serviette.

- Ca veut dire quoi ? Que veut dire ce message ? Comment ça on a rien à se dire ?

Sans un mot je me dirige vers le salon où il me suit en prenant soin de refermer la porte derrière lui.

- Ce message veut dire ce qu'il veut dire, Kévin, je n'ai plus envie de te revoir !

- C'est faux, je sais que tu mens !

- Tu ne sais rien ! Murmurai-je.

- Est-ce à cause de mon père ? Je sais que tu lui as parlé ! Dis moi ce qu'il s'est passé !

- Rien qui n'aille à voir avec ça ! Dis-je froidement alors que je sens la main de kévin agripper mon bras pour que je lui fasse face. Ses yeux sont remplis à la fois d'incompréhension et de colère.

- Alors qu'est ce qui se passe, bordel ? Hurle-t-il.

Je me dégage de son emprise et je le regarde froidement. Je dois trouver quelque chose, là, sinon je n'y arriverai jamais à me dégager de lui. Je ferme les yeux comme pour me donner du courage puis les reouvre avant de lui dire calmement.

- Je ne pense pas que tu sois au courant de ça, Kévin. Mais notre histoire est depuis le début voué à l'échec...j'ai découvert pourquoi ton père et le mien se déteste, la connais-tu ?

Son regard se calme et il répond négativement à ma question.

- Ton père était l'amant de ma mère ! Dis-je en le regardant droit dans les yeux...Tu comprends donc toute la situation. Ton père a trompé ta mère avec la mienne, et ma mère à trompé mon père avec le tien ! Comment puis-je rester amoureuse du fils de l'homme qui a détruit ma famille ! Ma mère a tout abandonné pour ton père alors qu'il n'a même pas été foutu de l'avouer à sa propre femme ! Mon père en était malade, à souffert comme un martyre de cette histoire, tout ça à cause de qui ? De ton père, bien entendu, cette pourriture qui nous a pourri la vie. Tu n'imagines même pas ce que j'ai enduré depuis mon enfance.

- Pourtant je pensais que tu ne m'en tenais pas rigueur, que j'étais différent de lui !

- Je le pensais aussi, mais voir son visage me rends dingue, et le pire c'est que tu lui ressemble de plus en plus, comment veux-tu que je puisse continuer à te regarder si chacun de tes traits me rappelle, ceux de l'homme qui a détruit ma famille ! Finit-je alors que mon regard se fait glacial alors que celui de Kévin se fige.

Je regrette immédiatement mes paroles, je sais qu'il déteste découvrir un lien avec ce père qui lui a donné la vie et qui ne l'utilise uniquement pour ses intérêts. Je lui ai fais du mal, je le sais bien et je me mors les lèvres pour ne pas lui dire que je regrette ce que je viens de dire, que ce n'est pas la vérité.

- Tu le penses vraiment, murmure-t-il alors que sa voix se fait tremblante et faible...je sens mes larmes venir alors que je tente de maintenir cette froideur que j'ai de plus en plus de mal à tenir. Je ferme les yeux pour ne pas faire face à ce que je suis en train de lui répondre.

- Oui totalement, alors maintenant je t'en prie, sors d'ici, je pense que tu comprends totalement la situation !

Sans un mot, je l'entends se diriger vers la porte alors que mon coeur me crie de lui courir après et de lui dire que toutes mes paroles ne sont que mensonge, mon corps reste figé et s'écroule au sol au moment où la porte se referme alors que mes larmes se remette à couler sur mes joues.

Encore une fois le destin et la fatalité semble de nouveau s'abattre sur nous.

- FIN -

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